On entend de plus en plus parler de culture associée. Mais c’est quoi, la culture associée ? Il s’agit tout simplement d’une pratique ancestrale qui consiste à tirer profit des techniques de survie naturelles de certaines plantes et à les associer à d’autres plus vulnérables. Elles vont ainsi les protéger naturellement des nuisibles, sans que le jardinier n’ait besoin d’avoir recours aux pesticides et autres produits phytosanitaires.

Comment mettre en place la culture associée ?

La culture associée permet donc de protéger certaines espèces en les associant à des plantes compagnes, que ce soit des herbes aromatiques ou des fleurs. En utilisant pour elles-mêmes leur technique de survie, ces dernières vont en faire bénéficier une plante plus fragile. Les principales stratégies de ces plantes sont la sécrétion de substances toxiques ou d’odeurs très marquées qui vont soit attirer les nuisibles et autres parasites et les détourner de la plante à protéger, soit les repousser. D’autres seront des remparts aux éléments, vent, soleil ou gel de par leur grande taille ou leur densité. La biodiversité est donc un élément très important en culture associée. En intégrant des fleurs mellifères dans votre jardin, vous attirerez aussi les insectes pollinisateurs essentiels à certaines plantes pour se reproduire. En plus d’être joli, votre potager sera bien protégé et plus productif.

Pour mieux lutter, il faut identifier l’ennemi. Avant de procéder à vos plantations ou à vos semis pour créer votre potager, pensez bien à l’organisation de votre parcelle. Faites un plan si nécessaire et commencez vos semences.

  • Les nématodes, petits vers utiles dans la décomposition des matières végétales du sol peuvent être redoutables pour le potager en infectant le système racinaire de nombreuses plantes. Ils aiment particulièrement s’attaquer aux racines de nos pieds de tomates. Pour éliminer ce vers microscopique, on peut planter de jolis d’œillets d’Inde qui vont sécréter une substance chimique, le thiophène, qui va stopper leur croissance.
  • Planter des fleurs annuelles ou vivaces dans son potager n’est pas seulement esthétique. Comme en permaculture, la culture associée se sert des plantes aromatiques pour tromper l’ennemi. Soit elles attirent les nuisibles et les détournent de la plante vulnérable, soit elles les repoussent. La capucine est un véritable aimant à pucerons. La lavande est un excellent répulsif contre les insectes, notamment les moustiques, mais permet en même temps le travail des abeilles. Les escargots et les limaces fuiront devant le romarin ou la bourrache et les doryphores devant le souci des jardins, le basilic ou la tanaisie. Les tournesols sont les amis des concombres. Les fleurs de tournesol attirent de nombreux insectes qui vont polliniser celles du concombre et en augmenter la productivité. Votre jardin sera plus fertile. Plus besoin d’engrais !
  • Les pucerons sont les rois des ravageurs du jardin. Pour s’en débarrasser, la culture associée nous dresse une liste de leurs meilleurs ennemis. Planter près de vos plants de concombre par exemple, de l’ail ou du fenouil ou bien de magnifiques pétunias. Mais pas seulement. L’herbe à chat (cataire), la menthe poivrée, le thym, l’anis, le basilic ou l’aneth seront tout aussi efficaces pour vos plantes potagères.
  • Les éléments, soleil, vent ou gel suivant la saison peuvent nuire à votre jardin. Protéger vos plants avec des espèces robustes et de grande taille. Le tournesol protégera vos tomates de trop de soleil. Des haies de buis ou d’ifs, plantées en carré, pourront devenir un abri efficace contre le vent et le gel pour vos rosiers, vos plants de courges, de poireaux ou de choux et transformeront votre potager en jardin d’ornement.

Voici quelques exemples fréquents d’associations pratiquées en culture associée.

Les bons accords en culture associée
Plante à protégerPlante compagneCible
TomatesAnethPucerons
CarottesThymMouche de la carotte
FramboisiersSouci, myosotisPucerons, vers
SaladeRhubarbeEscargots, chenilles
RosiersMenthe vertePucerons

Semer d’abord les plantes compagnes afin que leur développement soit déjà conséquent et leur capacité au meilleur niveau lorsque vous installerez les plantes à protéger en pleine terre. Et n’oubliez pas les légumes anciens, topinambours, panais, crosnes et cardons redevenus à la mode et très résistants.

Prévoyez au fond du jardin, un carré potager pour cultiver l’ortie, véritable alliée du jardinier malgré sa mauvaise réputation. Non seulement elle attire les papillons pollinisateurs (de jour comme de nuit) et les coccinelles dévoreuses de pucerons, mais on peut la transformer en engrais vert. Le purin d’ortie est en effet un merveilleux fertilisant naturel qui renforce la plante et met en fuite lui aussi, pucerons et parasites.

Les mauvaises associations en culture associée

Si la culture associée permet d’optimiser son potager, de mauvaises associations peuvent y causer des dommages. Si vous possédez un noyer, ne plantez ni pommes de terre, ni aubergine, ni rhododendrons à proximité, car sa sève contient une substance herbicide appelée la juglone qui peut entraîner un arrêt de croissance ou la mort de la plante. C’est ce que l’on appelle « l’allélopathie ». Il s’agit de l’ensemble des interactions naturelles entre des plantes, lorsque l’une d’entre elles produit une ou plusieurs substances qui a un effet sur la croissance de l’autre. N’hésitez pas à parcourir ce site de jardinage pour trouver les bonnes techniques naturelles adaptées à votre jardin et à vos cultures.

Si elle est quelques fois négative et nécessite quelques précautions, l’allélopathie peut aussi avoir des côtés positifs. Vous ne voulez pas de mauvaises herbes ? Ne laissez pas votre sol nu, mais paillez-le avec des aiguilles de pins connues pour leurs propriétés anti germinatives. Si les herbes ne lui résistent pas, ce paillage acidifiant fait le bonheur des fraisiers. Les plantes couvre-sol comme le millepertuis en les étouffant, vous débarrasseront elles aussi des mauvaises herbes.

La culture associée est une formidable alternative à l’usage des pesticides. En observant la nature et en reproduisant ses stratégies de défense, il est facile de se servir des qualités de chaque plante pour optimiser son potager. La cohabitation des plantes peut être bénéfique ou néfaste, et les propriétés inhibitrices ou toxiques de plusieurs d’entre elles peuvent devenir des solutions dans le traitement d’un désherbage sans herbicide. La culture associée est une culture du bon sens qui fait la part belle à la biodiversité. Loin de la culture intensive, c’est le retour à une agriculture durable et raisonnée.

A propos de l'auteur

Léon

En réalité je ne m'appelle pas du tout Léon, mais c'est le surnom que mes amis m'ont donné car je "reviens toujours à leur maison" ! Je suis une identité fictive sur ce site, afin de préserver l'anonymat du rédacteur.

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