normes chaussures de sécurité

Il existe une multitude de modèles de chaussures de sécurité ou de protection, qui font l’objet de nombreuses normes. Ces équipements sont classés en 3 grandes catégories, selon le degré de risque encouru par le porteur. Ensuite, plusieurs normes et symboles peuvent apparaître sur les chaussures de sécurité. Voyons en détail ce que chaque sigle signifie réellement.

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Caractéristiques de base des chaussures de sécurité

Tout comme les risques auxquels sont exposés les travailleurs, les spécificités des chaussures de sécurité varient énormément d’un modèle à l’autre. Cependant, toutes doivent posséder un coefficient de frottement de 0.15 au minimum, ce qui définit en fait leur résistance à l’usure. Ensuite, on s’accorde sur des exigences minimales, entre autres :

  • une protection du métatarse et des orteils contre les chocs verticaux
  • une protection des chevilles et des malléoles contre les chocs latéraux
  • une résistance à la déchirure, à la torsion et à l’abrasion
  • une perméabilité assurant la respiration du pied
  • la résistance aux hydrocarbures
  • un choix de matériau et de relief permettant le rôle anti-dérapant des semelles
  • un amortissement optimal des chocs lors de chutes et / ou de sauts
  • diverses autres propriétés en fonction de l’usage envisagé : isolation (en cas de risque électrique), régulation thermique, semelles anti-perforation, etc.

Différentes capacités de protection

Suivant les risques encourus, les modèles de chaussures de sécurité peuvent présenter des spécificités telles que :

  • embout avec coque acier ou synthétique, d’une longueur comprise entre 32 et 42 mm suivant la pointure, avec ou sans coussinet protecteur de confort
  • semelles renforcées
  • tige de maintien de la cheville
  • semelles antidérapantes, anti-perforation, etc.
  • revêtement imperméable
  • résistance thermique
  • anti-statisme (résistance à l’électricité)
  • absorption d’énergie au niveau du talon en cas de chocs répétés (sauts, par exemple)
  • matériaux, coloris et formes très diversifiées : de la botte à la basket, en passant par le sabot ou la sur-chaussure

Les 3 catégories de chaussures

Comme les secteurs de travail – et donc les besoins – sont extrêmement diversifiés, les chaussures ont été classées en 3 groupes, suivant la protection offerte par leur embout ou coque :

  • les chaussures de sécurité à usage professionnel, dont l’embout protège le pied contre un choc équivalent à un objet de 20 kg tombant d’1 m (soit une énergie libérée de 200 Joules) et contre un écrasement équivalent à 1500 kg
  • les chaussures de protection à usage professionnel, dont l’embout protège le pied contre un choc équivalent à un objet de 10 kg tombant d’1 m (soit 100 Joules) et contre un écrasement équivalent à 1000 kg
  • les chaussures de travail à usage professionnel, pour lesquelles il n’y a aucune exigence

Les normes existantes

Elles diffèrent suivant qu’il s’agit de chaussures de sécurité ou de protection.

Chaussures de sécurité

norme EN ISO20344

Pour cette catégorie, les normes applicables sont les suivantes :

  • EN 345 S1 : le matériau utilisé doit être le cuir ou toute autre matière, sauf le caoutchouc ou les polymères. Outre les exigences de résistance aux chutes d’objets et d’écrasement évoquées plus haut, les chaussures S1 doivent également garantir l’innocuité, le confort et la solidité, présenter un arrière fermé, assurer l’absorption d’énergie au niveau du talon et posséder des propriétés antistatiques
  • EN 345 S2 (S4 pour les chaussures en polymères) : mêmes exigences que pour la catégorie précédente, plus une tige imperméable
  • EN 345 S3 (S5 pour les polymères) : mêmes exigences que pour les S2, assorties de la présence de semelles à crampons et anti-perforation

De plus, toutes les chaussures de sécurité doivent être conformes à la norme XPS 73-012, qui concerne la protection contre le risque de glissade sur sols industriels lisses et / ou gras.

Des lettres supplémentaires peuvent suivre les normes ci-dessus. Elles définissent les protections complémentaires suivantes :

  • P : semelle anti-perforation
  • E : absorption des chocs au niveau du talon
  • C : résistance électrique inférieure à 100 k W (chaussure dite « conductrice »)
  • A : chaussures dont les matériaux possèdent des propriétés antistatiques
  • CL : chaussures présentant une isolation thermique ralentissant la montée de la température (jusqu’à 22° C)
  • WRU : étanchéité de la tige à la pénétration et à l’absorption d’eau
  • HRO : résistance de la semelle à la chaleur (300°C au maximum durant 1 mn)

Chaussures de protection

Concernant ces chaussures, la seule norme applicable est NF EN 346, qui impose un embout de protection résistant à une énergie de 100 Joules (pour rappel, une charge de 10 kg tombant d’une hauteur de 1 m).

Chaussures de travail

Ces dernières doivent répondre à la norme NF EN 347, divisée en 5 classes :

  • EN 347 O1 : définit des chaussures de travail à usage professionnel, en cuir ou autre matériau (polymères et caoutchouc exclus), garantissant solidité, confort et innocuité. L’arrière doit être fermé et la chaussure présenter une résistance antistatique, absorber les chocs éventuels au niveau du talon et résister aux hydrocarbures (semelles).
  • EN 347 O2 : mêmes propriétés, plus étanchéité à la pénétration d’eau
  • EN 347 O3 : exigences de la norme précédente, ainsi que résistance à la perforation et présence de crampons sous les semelles
  • EN 347 O4 : mêmes exigences que la norme EN 347 02, mais concernant les bottes de travail
  • EN 347 O5 : mêmes propriétés que la norme précédente, augmentées de la résistance à la perforation et de la présence de semelles à crampons

À noter que les modalités d’essai correspondant aux normes citées sont regroupées dans la norme EN ISO20344.

Autres obligations

En plus des normes, les chaussures de sécurité doivent faire apparaître un certain nombre de sigles attestant de leur conformité. Ceci comprend un marquage CE indélébile, ainsi qu’une déclaration de conformité variable selon le degré de gravité des risques encourus (auto-certification, attestation CE de type, attestation CE de type et de qualité). Enfin, les chaussures de sécurité doivent être livrées avec une notice d’utilisation.

Bien que les textes de lois soient plus qu’évasifs sur les obligations en matière de port d’E.P.I., les normes présentes sur les chaussures existent bel et bien et sont très claires. Reste à l’employeur à définir objectivement les risques encourus par ses salariés, suivant son domaine d’activité, et à choisir en conséquence les chaussures adaptées.

Les normes sur les chaussures de sécurité
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